Comment vit-on en Israël quand on est chrétienne? La montée progressive de l’intégrisme oblige les femmes de confession catholique à vivre recluses et enfermées. Du port du foulard aux contrôles de sécurité, Marie-Pierre Samitier, journaliste et auteur du livre Au pied du mur. Au cœur de la Terre sainte en guerre, nous décrypte la vie des chrétiennes en Israël. >>> Regarder
18 juin 2010
Marie-Pierre Samitier : Israël, chrétiennes et musulmanes, même devoir
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6 juin 2010
« Comme l’a relevé un jour Jean Paul, les livres sont de grosses lettres adressées aux amis. » Règles pour le parc humain, Peter Sloterdijk, 1999.
En écrivant Au pied du mur, j’ai voulu dans ce monde où nous avons été jetés participer à la formation et à la cultivation de l’être, transmettant ainsi l’essence de ce que nous sommes. Je cherche dans les archives de notre civilisation judéo-chrétienne, à expliquer que ma vie est la réponse confuse à des questions dont j’ai oublié où elles ont été posées.
Clairière dans le ciel
Peter Sloterdijk expose la pensée de Heidegger dans Règles pour le parc humain :
« La mission de l’Etre : garder l’Etre et correspondre à l’Etre (…) comme un berger garde un troupeau dans la clairière, la clairière (…) l’endroit où l’Etre se révèle et s’ouvre en tant que ce qui est là. Par l’écoute et la méditation, l’être humain est placé « dans un lien d’amitié et un apprivoisement qui vont plus en profondeur que ne pourrait jamais le faire (…) tout amour pour le texte qui parle de l’amour. »
30 mai 2010
Pèlerinage en Terre sainte avec les frenchies (suite), 15/23 mai 2010
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Au cours de ce voyage avec une vingtaine de chefs d’entreprise, avocat, médecin, journaliste, haut fonctionnaire, tous en quête de compréhension du conflit israélo-palestinien autant que de moments spirituels en Terre sainte, nous avons rencontré des personnes qui nous ont aidés à décrypter l’actualité.
Le brasier palestinien
Conférence de Charles Enderlin, correspondant de la chaine de télévision française France 2 à Jérusalem depuis 1981. Chef de bureau depuis 1991. Il préside l’Association des correspondants de la presse étrangère à Jérusalem.
Charles Enderlin a eu la gentillesse de se rendre disponible pour une conférence le 17 mai au Meridian hôtel à 18 heures. Il partait le lendemain matin à 6 heures, pour accompagner son épouse la journaliste Danièle Kriegel, qui vient de publier Ils sont fous, ces Hébreux (Editions du Moment), à Paris.
Dernier livre paru : Le Grand Aveuglement, Israël et l’irrésistible ascension de l’Islam radical (Albin Michel, 2009)
Gaza…
Le principal phénomène récent en Israël est la montée du religieux et de la droite. Le régime totalitaire du Hamas est en perte de vitesse à Gaza. Mais, a regretté Charles Enderlin, impossible pour lui en tant qu’Israélien, de se rendre à Gaza… Dommage.
Depuis l’an dernier, on ressent un relâchement très net des contrôles. Charles a pu récemment faire Naplouse-Jérusalem sans aucun contrôle sur la route, c’est la première fois en deux ans ! Concernant Gaza, les Israéliens continuent d’être aussi inflexibles. Ils auraient dû ouvrir les frontières, laisser ses Palestiniens travailler en Israël. Au lieu de conserver une situation figée et fermée, où le Hamas règne puisqu’il n’y a aucune ouverture.



Salam Fayyad
Le Palestinien est très aidé par les aides internationales. Aujourd’hui, l’Autorité palestinienne est dirigée par un économiste qui a fait ses études aux Etats-Unis, Salam Fayyad. L’homme n’est pas charismatique, mais il mène de plus en plus une politique « de terrain ». Il soutient de nombreux petits projets, débloquant l’aide internationale pour certains dossiers. Sa réputation est celle d’un homme intègre et de dialogue. Il « monte » politiquement, il peut incarner un avenir, et pourquoi pas être la pierre angulaire d’une nouvelle donne politique laïque et modérée.
Charles rappelle la position du Quai d’Orsay, qui préconise un Etat palestinien indépendant…
Sécurité
Tout va bien pour BB Netanyahou au niveau intérieur : il est crédité en ce mois de mai de 65% d’intention de vote. L’économie marche bien, le shekel est une monnaie forte. Il n’y a plus d’attentats… Ceci, souligne Charles, parce que le Hamas en a décidé ainsi. Le Mur n’y est pour rien selon lui (sources des renseignements) : le Hamas est capable de monter un attentat très rapidement, avec ses réseaux dormants, mais tel n’est plus son objectif pour l’heure. Le Mur n’a rien changé : 20 000 à 30 000 Palestiniens passent chaque jour en Israël de façon illégale, car les ouvriers palestiniens constituent une main d’œuvre nécessaire et bon marché pour les entrepreneurs israéliens.
Incertitude
Le changement viendra de la nouvelles génération de Palestiniens qui va émerger : ils ont tout connu : la violence, l’humiliation, la mort, les frères en prison, la mère incapable de nourrir les plus jeunes… Il y a 55% des Palestiniens qui ont moins de 15 ans. Si on ne trouve pas de solution politique le brasier va exploser dans quelques années.
Mais quelle solution ? Concrètement, un Etat binational serait-il viable pour les Israéliens… qui deviendraient vite minoritaires démographiquement.
Pendant l’entretien, Charles a reçu un appel téléphonique de sa fille de 17 ans qui venait de passer l’épreuve d’anglais pour le bac…
Après son départ, nous avons fait le point sur son intervention. Tous ont apprécié la modération de l’homme et son recul face à la situation. Les valeurs qui sont les siennes, pacifisme et laïcité, n’entament en rien la lucidité de l’homme. Tous ont déclaré en substance avoir davantage d’outils après sa conférence pour appréhender la situation géopolitique…
26 mai 2010
De retour de Jérusalem, je constate que mon livre est plus que jamais d’actualité. Nous sommes partis mon mari Didier LONG et moi avec vingt amis en Terre sainte du Samedi 15 mai au dimanche 23 mai 2010 (jour de la Pentecôte chrétienne). Pour la plupart, il s’agissait d’un pèlerinage, pour certains d’un retour aux sources avec ceux qu’on aime. Des consultants, des entrepreneurs, des business makers du e-commerce, des hauts fonctionnaires, avocat, médecin, etc… Tous avaient envie d’appréhender autrement ce conflit qui devient religieux.
Check point etc…
J’ai eu l’impression –seulement une impression ?- que l’attente est un peu moins longue aux Check point. Les files d’attente s’étendent moins et les check point occasionnels auxquels nous avions été confrontés à Hébron l’an dernier avaient disparu. La tension était moins grande aussi aux abords de l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem. Nous avons pu visiter tranquillement l’Esplanade, mais la mosquée reste fermée aux non-musulmans.
Multiplication des colonies
L’autre constat, c’est celui d’une multiplication des constructions partout, les collines se hérissent de lotissements au béton flambant neuf. Aux alentours de Bethléem, rien n’est plus évident que cette flambée de l’immobilier qui modifie considérablement le paysage. Ainsi, dans le West Bank, les constructions entourées de grillages l’an dernier se sont transformées en véritables colonies comptant les maisons et les immeubles par centaines.
Moitié-de-maison
La plus étrange rencontre que j’ai faite est celle d’une famille de musulmans d’un quartier très « middle class » de Jérusalem-Est. C’était lundi 17 mai vers 16 heures. Un membre de l’ONG ICAHD prénommé Yavah, était venu faire une conférence au Christmas Hôtel sur la situation dramatique des Palestiniens privés de leurs habitations. ICAHD is the Israeli Committee Against House Demolitions. Après avoir visité plusieurs lieux, nous sommes arrivés devant une petite maison de plain-pied avec son jardinet sur le devant. A l’orée de la maison, deux jeunes juifs à papillotes étaient assis sur des chaises rudimentaires agacés par les enfants de la maison. A droite, de l’autre côté de la maison, une femme musulmane, les cheveux dans un foulard avait hoché la tête en les montrant d’un geste exaspéré de la main droite :
- Voyez, voyez, c’est absurde !
- Que se passe-t-il ? avait demandé Philippe, l’un des pèlerins.
- Ils se sont installés chez nous !!!
Elle nous a expliqué que ces jeunes israéliens avaient accaparé une partie de leur maison, à eux qui sont Palestiniens.
- Pourquoi, de quel droit ? avaient demandé certains d’entre nous.
- Parce que nous avons agrandi la maison. Ca ne leur a pas plu…
A force de questionner, nous apprenons alors que l’affaire est plus compliquée qu’il n’y paraît. En fait, cette famille qui compte de nombreux enfants palestiniens a agrandi illégalement sa maison. Les jeunes Israéliens estimant qu’ils ont lésé leur terre d’Israël s’y sont installés et chaque jour ils viennent occuper la partie illégale de ladite maison, au grand dam de la dame palestinienne.
Alors, que faut-il cautionner ? La construction illégale ou bien l’occupation arbitraire.
Cette affaire résume parfaitement la situation en Terre Sainte…
Danse sur les eaux du lac de Galilée
14 avril 2010
Mai 2009 – Mai 2010 : un an de diplomatie américaine
Posted by mariepierresamitier under Israël1 Comment
Le 18 mai 2009 Marie Pierre Samitier arrive en Israël. Au moment où elle pose le pied sur cette « Terre sainte ». Benjamin Nethanhyaou arrive aux US où le président Obama lui signifie le changement de la position américaine. Nous la suivons avec des pélerins démocrates US en Israël et dans les Territoires.
- Comment des américains démocrates regardent la situation sur place ?
- Comment comprendre la position américaine ?
- Qui est responsable du sous-développement des pays arabes au Moyen-Orient ?
- La paix est-elle possible ?
MPS pose ces quelques questions dans « Au pied du mur ». Une Interview de Jean Morzadec : Ecouter Marie-Pierre.Samitier
7 avril 2010
Jacques Fischer reçoit MPS sur « fréquence protestante »
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Jacques Fischer recevait Marie-Pierre Samitier sur fréquence protestante le 06 avril 2010
28 mars 2010
Dédicace au Salon du livre de Paris
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Marie-Pierre Samitier, dédicace son livre Au pied du mur sur le stand France Télévision (C59) :
- vendredi 26 mars de 15h à 18h,
- samedi 27 mars de 11h à 13h
- mardi 30 mars de 15h à 18h.
(Photo Philippe Rochot)

MPS et Philippe Rochot (arrrière plan) de la rédaction de FR2, ex-otage au Liban qui signe "Dans l'Islam des révoltes"
MPS, Pr. Jean-Claude Chermann auteur de Tout le monde doit connaître cette histoire et Dany son épouse.(Photo Philippe Rochot)
15 mars 2010
Fin mai 2009, Marie-Pierre Samitier part pour un voyage en Terre sainte. Nous la suivons avec un groupe de pèlerins américains sur cette terre chargée d’histoire et revendiquée par deux peuples et trois religions monothéistes.
À Jérusalem, Hébron ou Ramallah, nous visitons avec elle les lieux saints. Mais surtout nous découvrons un monde en guerre, où règne la peur, matérialisée par un gigantesque mur de béton. Nous assistons aussi, de l’autre coté du mur, à la tragique disparition des chrétiens d’Orient sur cette terre où est né le christianisme, alors que monte l’intégrisme religieux.
Au fil de ce voyage, Marie-Pierre nous montre que ce conflit est le nôtre. Comment, sans nous renier nous-même, pourrions-nous laisser à l’abandon la terre de nos racines ? La terre où sont nées toutes les valeurs de notre civilisation – justice, fraternité, démocratie – et qui ne tiennent ici qu’à un fil. Pour combien de temps ?
Voyage culturel et géopolitique, le récit de Marie-Pierre Samitier est un plaidoyer pour la paix, hanté par une question : comment désamorcer le choc entre l’Islam radical et l’Occident ?
7 mars 2010
Ce post pour vous annoncer la parution le 18 mars de mon livre « Au pied du mur » chez Bourin Editeur.
Un plaidoyer pour la paix : ce récit prend l’occasion d’un pèlerinage avec des chrétiens démocrates américains pour appuyer le processus de paix qui a été relancé par l’administration de Barack Obama le 18 mai 2009. La lucidité n’est pas forcément pessimiste, l’auteur est mû par l’optimisme de la volonté, tel Romain Rolland, citant les héros de ce périple en Israël et dans les territoires, à Hébron ou à Ramallah. Ces derniers représentent le peuple américain dans sa bascule vers un autre choix que le soutien aveugle, sans condition à Israël. Ils annoncent en découvrant sur place le mur de « séparation » combien la nouvelle politique américaine doit soutenir la paix, s’en donner les moyens, quitte à dire aux juifs américains qui sont leurs amis ce qu’ils pensent de la situation en toute sincérité, sans tabou. Loin des années « cow boy » de l’époque Bush, ces années « Obama » sont un immense espoir pour désamorcer le choc entre l’Islam radical et l’Occident.
C’est également un plaidoyer pour que l’Europe et la France en particulier retrouvent leur place dans les négociations internationales. L’ Union européenne n’est-elle pas trop absente concernant ce processus de paix dans l’impasse ?
Au-delà de cette analyse, le récit raconte un pèlerinage dans des lieux chargés d’histoire, et qui sont décryptés et expliqués, tel Bethléem qui n’est probablement pas la ville de naissance de Jésus selon les historiens. Enfin, l’auteur nous alerte sur la disparition inéluctable des derniers chrétiens d’Orient, traits d’union entre l’Orient et l’Occident.
Mur de « sécurité », Marie-Pierre Samitier - Jérusalem
Sur les toits d’Hébron
Vue d’Hébron
Jérusalem – Mur des Lamentations
(toutes photos © MPS)
30 novembre 2009
Barak OBAMA : le prix de la Paix
Posted by mariepierresamitier under Israël, settlements | Mots-clefs: Mitchell, nobel, obama, paix, proche-orient |Leave a Comment
Le journal le plus influent au monde, le New York Times, a critiqué la semaine dernière les erreurs commises par le Président américain dans ses tentatives pour relancer le processus de paix au Proche-Orient depuis le mois de mai dernier. Dans un éditorial sans concession, le quotidien accuse Barak Obama d’avoir choisi de mauvais conseillers et surtout d’avoir posé des conditions à Nétanyahou « sans envisager qu’il puisse refuser ; Obama et Mitchell ne pensent pas avec une longueur d’avance », publie le journal.
C’ est vrai qu’avoir posé le gel des settlements (colonies) comme condition préalable aux négociations sans s’assurer qu’il aurait les moyens d’imposer ce gel a été une erreur politique grossière dès le début de la relance du processus de paix. Obama avait ainsi cédé aux pressions des Palestiniens, , perdant ainsi la main côté israélien. Le prix Nobel de la Paix qu’il a reçu ensuite, et accepté, lui redonne des ailes ( les Républicains l’accusent d’être trop « colombe », c’est-à-dire trop pacifiste). Mais il lui inflige dans le même temps une obligation de résultat alors que le conflit israélo-palestinien s’enlise. L’ajournement des élections palestiniennes et le lancement de la construction de 900 logements dans le quartier de Gilo (près de Béthléem) annoncé le 17 novembre ne font qu’aggraver les tensions. Le prix Nobel de la Paix ne risque-t-il pas d’aller… dans le mur ? Paris, 30 novembre 2009.





























